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Folie meurtrière  : Après avoir tué son demi-frère et son beau-père, Eric Borel, un adolescent de 16 ans abat sa mère alors qu'elle revient de la messe le samedi 23 septembre 1995 . Le lendemain à 7 heures 30 il sonne à la porte de son camarade de classe Alan,  sort  sa carabine de son sac et lui tire une balle dans le dos. A partir de cet instant, Eric marche et tire sur tous les passants qu'il croise au hasard des rues de .

En une trentaine de minutes il va  tuer 15 personnes et blesser 6 autres sans que personne ne puisse l'arrêter dans sa folie meurtrière. Alors que les gendarmes s'apprêtent à le neutraliser, Eric met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête. Fin du carnage.

Nous sommes le 24 septembre 1995. La municipalité / était toute jeune, les dataient à peine de quelques mois (mars 1995). Il s’agissait donc de la dure réalité de l’exercice du pouvoir dans ses moments les plus dramatiques pour le nouveau maire Guy guigou et son premier adjoint .  Nous avons rencontré Gérard Cabri et lui avons demandé comment, à l’époque, cette jeune municipalité avait réagi face à l’impact dévastateur d’un tel évènement.

Un article de Pierre Bégliomini avec le concours de Gilles Carvoyeur - Cliquez pour lire l'article complet

Comme si c'était hier. C'était un dimanche matin, nous devions faire les sénatoriales et vers 10h, on nous a téléphoné pour nous dire qu'il venait d'y avoir un drame à Cuers, et là, avec monsieur le Maire et tout le conseil municipal, nous somme revenus et là nous avons découvert l'horrible drame qui s'était déroulé durant la nuit et une bonne partie de la matinée

Quelles sont les premières mesures que vous avez prises ?

Nous avons mis à la disposition des secours le gymnase de la ville dans lequel les corps des victimes tuées ont été déposés et ensuite le travail de reconnaissance de ces corps a commencé, Nous avions travaillé avec les psychologues afin de mettre en place une cellule adaptée qui a fait un énorme travail sur les familles qui découvraient les corps de leurs parents, de leurs enfants tués le matin même. Durant la semaine qui a suivi, nous avons assisté l'appareil judiciaire et la gendarmerie dans leur travail. Nous avons du gérer l'ensemble des intervenants médiatiques, journalistes français et étrangers qui ont envahi la place de la convention avec leurs camions studios qui ont retransmis le drame dans le monde entier. Ensuite, nous avons préparé les obsèques en collaboration avec certains consulats puisque des étrangers figuraient parmi les victimes et nous avons organisé une cérémonie digne pour les victimes tout en essayant d'apporter un certain réconfort aux personnes marquées par le décès de leurs proches.

Qu'est ce qui vous a marqué dans ce drame ?

Au delà du drame lui-même, c'est la solidarité de la , l'entraide avec les familles des victimes, la dignité de tout un village face à une telle catastrophe humaine. Le monde entier pointait sur Cuers alors que chez nous régnaient le calme et le recueillement. Il nous a fallu plusieurs années pour appréhender sereinement ce drame et en parler ouvertement.

Plus personnellement  ?

L'horreur tout simplement. Il y avait parmi les victimes des adultes, des gamins, des gens tout simplement comme vous et moi, qui faisaient leurs courses matinales. Leur tort fût de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Ça aurait pu être n'importe qui, moi ou vous-même puisque vous êtes cuersois. Je me souviens d'un maghrébin victime du jeune tueur qui, pour se protéger, avait mis son sac rempli des courses du matin, à la hauteur de son visage ... Je me souviens que mon fils en voiture a croisé l'adolescent-tueur, l'arme au poing. Certains ont eu la chance d'échapper aux tirs, d'autres non. C'était une folie meurtrière.

Quel était le souhait des familles ?

Au cours des années qui ont suivi, nous avons toujours fait un devoir de mémoire solennel mais discret qui se déroulait chaque année, le 24 septembre, en présence du maire Guy Guigou, avec une messe en l'église St Pierre à la mémoire des victimes. Cependant, jusqu'en 2009, en accord avec les familles des victimes aucune stèle commémorative ne fut édifiée. Aujourd'hui, le travail de deuil étant bien avancé, une stèle commémore ce drame depuis 2009 dans l'espace Peysseneau de la ville. La mémoire collective est maintenant prête à se souvenir à l'aide de cette stèle commémorative et l'on peut ainsi mieux aborder ce devoir de mémoire.*

P. Bégliomini - Journaliste - Agence d'infos WPM -

*retrouvez l'interview complet de Pierre Bégliomini dans le Télex (tirage 80 000 ex) en cliquant sur la photo ou ici : telex

 

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Les raisons de cet arrêt

  Par Pierre Bégliomini
Cuers-infos.com existait depuis 2008, précédemment, tv-cuers.com, puis municipales2008.fr, créé par Pierre Bégliomini, puis  revendu pour l’euro symbolique à WPM, il y a quelques années. J’officiais bénévolement sur le web depuis 2003 afin d’informer l      localement les cuersois, parallèlement à ma carrière professionnelle de concepteur/journaliste multimédia et réalisateur  audiovisuel.

« J’ai commencé à m’intéresser à l’information locale dès l’avènement des radios libres, en 1981, j’étais, alors, un jeune homme plein d’illusions et j’avais fait le constat, avec quelques amis journalistes, issus de var-matin et de radios locales, qu’il fallait faire émerger une information indépendante, pluraliste, locale et rurale dans le centre var en donnant la parole au tissu associatif, aux hommes et femmes de terrain et aux responsables politiques locaux, avec un traitement de l’information digne de professionnels de l’information et de la communication. Puis, avec l’avènement de l’internet, j’ai commencé à officier à partir de 2003 sur la toile avec l’une des premières TV en streaming, tv-cuers.com, jusqu’à aujourd’hui.

Ce lourd bénévolat, mené en parallèle de ma carrière professionnelle, nécessite un engagement que j’ai décidé de mettre en berne définitivement. Je passe le relais à d’autres et me consacre aujourd’hui à ma famille et à ma carrière professionnelle. »

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