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Il fallait le faire et ils l'ont fait : transformer un si joli village en une masse urbanistique informe, sans réelle infrastructure dans laquelle zones commerciales et lotissements concourent  à  l'un des étalements urbains, dans une zone rurale, le plus spectaculaire du département . Le rêve de tout un chacun à un prix et à , nous sommes prêt à le payer. Enquête :

Dans son livre, "La Ville franchisée" l'architecte urbaniste David Mangin analyse la pertinence des métastases périurbaines semblable à  celle squi poussent comme des champignons à Cuers : « Il faut en finir avec l'idée que ce chaos sort de terre tout seul. Il résulte au contraire de rapports de forces politiques, de visions idéologiques, de cultures techniques ».

Cuers -  urbanisation outrancière - Qui est le coupable ?

Dans un rapport sur l' commercial rédigé en mars 2009, feu Jean-Paul Charié, ancien député UMP du Loiret dressait un constat amer sur les implantations commerciales en zone rurale  : «La logique des grandes surfaces a vidé les centres-villes de leurs commerces"  et de poursuivre   : «L' soumis aux puissances financières débouche toujours sur des effets pervers. Comment un élu peut-il facilement refuser un projet parasite si c'est par ailleurs une source de financement pour le communal.  A fortiori s'il est maire d'une petite ville, désormais en première ligne dans l'urbanisation à outrance."

A Cuers , plusieurs opérations d'aménagement sont en cours ;  l'une des plus importantes se situe au nord de Cuers au quartier "le pas Redon". Cette opération d’aménagement dénommée "les plans du Redon"   constitue un PAE (Programme d’Aménagement d’Ensemble)  initié par l'ancienne municipalité de Guy . Elle a un périmètre à lotir de 7 hectares environ, soit 300 maisons individuelles. L'actuelle municipalité de Gilbert Pérugini n'est pas en reste avec le programme du "Louveas - La Clauvade" une grande surface commerciale "Lidel" avec trois immeubles de 26 appartements chacun, 40 maisons individuelles et un parking de 200 places.  Dans ce quartier d'autres aménagements sont aussi en cours de réalisation et sont le fait de l'actuelle municipalité comme "les grandes terres" avec 56 logements, la résidence Soleo" avec deux immeubles étalés en longueur,  un autre immeuble, "les coteaux du pas Redon" avec 36 logements.

L'autre PAE, initié par l'ancienne municipalité de Guy Guigou, se situe au quartier "les Peireguins"  sur 10 hectares, avec 400 logements entourant la nouvelle maison de retraite. Pour l'actuel adjoint à l'urbanisme, Jean Malphato  "C’est un projet majeur pour la commune.  la nouvelle équipe municipale est très attachée à la réalisation de cette opération. Ce projet, véritable greffe urbaine située en continuité du centre ville permettra de réaliser 30% de logement sociaux ».

"le jardin des Couestes" avec 40 logements, et un pan de colline cuersoise tout entier qui disparaît

Un autre programme privé initié par l'actuelle municipalité, à l'entrée sud de la ville, "le jardin des Couestes" avec 40 maisons, et un pan de colline cuersoise tout entier qui disparaît sous les mâchoires destructrices des pelleteuses. Juste en face, le PAE "st Lazare" programme foncier initié par l'ancienne municipalité.

A rythme constant, Cuers devrait accueillir  au moins 3 000 habitants supplémentaires d’ici 2020 et dépasser ainsi les 13 000  à 15 000 habitants absorbés par tous ces programmes immobiliers. Comme on peut en juger, côté urbanisation de la commune, les municipalités se suivent et se ressemblent. Le problème de cette urbanisation outrancière réside dans le fait qu'aucune infrastructure n'est prévue en parallèle comme le développement des axes routiers de dégagement,  un agrandissement des écoles dont la capacité sera amplifiée de plus de  600 élèves dès mars 2013, des maternelles déjà sous-dimensionnées ,un lycée, la distribution de l' potable de plus en plus problématique dans cette commune -rappelez-vous de l'épisode calamiteux du mois de mai dernier (cliquez ici)-, sans parler de la station d'épuration qui commence à donner des signes de fatigue.

Alors, comme l'a observé l'urbaniste Bruno Fortier, « on tartine du lotissement au kilomètre », c'est facile et pas cher. Conçue par un promoteur-constructeur, la maison est un « produit », à commander sur catalogue. Où que l'on aille, le marché ne sait fournir que des lotissements avec des rues « en raquette », des parcelles de même taille, des maisons posées sur leur sous-sol de béton ; tant pis pour le raccord visuel avec la ville ancienne. Tant pis pour Cuers qui s'enlaidie à une vitesse devenue vertigineuse depuis quelques années. En 1983, les lois de décentralisation donnent tout pouvoir aux maires en matière de permis de construire « et la catastrophe commence" estime Thierry Paquot, éditeur de la revue Urbanisme.  : «La plupart des élus sont totalement incompétents en matière d'urbanisme, et de plus ont un goût exécrable. Ils se reposent sur les promoteurs pour produire du clés en main. » .  Cuers est bien une ville dortoir, pavillonnaire sans coeur. Ses commerces, ses habitants, son identité, se perdent dans l'immensité des lotissements, des zacs, des rond-points et  des hangars commerciaux.

A lire aussi :  Cuers : Capacité des infrastructures scolaires… Rien ne va plus !

Enquête :  Pierre Bégliomini - Journaliste - Agence d'infos WPM pour cuers-infos
Photos : droits réservés cuers-infos.com
Source : télérama : L’urbanisme à la française -  Comment la France est devenue moche

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Les raisons de cet arrêt

  Par Pierre Bégliomini
Cuers-infos.com existait depuis 2008, précédemment, tv-cuers.com, puis municipales2008.fr, créé par Pierre Bégliomini, puis  revendu pour l’euro symbolique à WPM, il y a quelques années. J’officiais bénévolement sur le web depuis 2003 afin d’informer l      localement les cuersois, parallèlement à ma carrière professionnelle de concepteur/journaliste multimédia et réalisateur  audiovisuel.

« J’ai commencé à m’intéresser à l’information locale dès l’avènement des radios libres, en 1981, j’étais, alors, un jeune homme plein d’illusions et j’avais fait le constat, avec quelques amis journalistes, issus de var-matin et de radios locales, qu’il fallait faire émerger une information indépendante, pluraliste, locale et rurale dans le centre var en donnant la parole au tissu associatif, aux hommes et femmes de terrain et aux responsables politiques locaux, avec un traitement de l’information digne de professionnels de l’information et de la communication. Puis, avec l’avènement de l’internet, j’ai commencé à officier à partir de 2003 sur la toile avec l’une des premières TV en streaming, tv-cuers.com, jusqu’à aujourd’hui.

Ce lourd bénévolat, mené en parallèle de ma carrière professionnelle, nécessite un engagement que j’ai décidé de mettre en berne définitivement. Je passe le relais à d’autres et me consacre aujourd’hui à ma famille et à ma carrière professionnelle. »

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